Liberté, égalité, fraternité en temps de pandémie

du 18 septembre
2020
au 05 octobre
2020
Dans le cadre du Festival Transformations édition 2020 sous le thème Année zéro, le Centre de la science Copernic avec l'Institut français de Pologne vous invitent à la conférence Technique et incertitude. Cette conférence à la mémoire du philosophe français prof. Bernard Stiegler (1952-2020) sera donnée par son collaborateur de l'Université de Silésie, prof. Michał Krzykawski. La conférence se déroulera en ligne et sous forme de modules - trois parties consacrées successivement à la thématique de liberté, égalité et fraternité en temps de pandémie.

La conférence sera accessible sur le site internet et sur le facebook du Centre de la Science Copernic (en polonais). 

Une des conférences clés de l'édition année zéro devait être celle du prof. Bernard Stiegler, philosophe français, auteur d'analyses clairvoyantes sur les relations entre la société, l'environnement et la technique. Au début du mois d'août nous avons appris avec tristesse la nouvelle de son décès. Sa soudaine disparition est une grande perte pour nous tous, en particulier pour la philosophie contemporaine. Pour rendre hommage à sa mémoire, en coopération avec l'Institut français de Pologne et dans le cadre de la présente édition du Festival Przemiany, nous avons souhaité organiser une conférence avec la participation d'un de ses proches collaborateurs - dr hab. Michał Krzykawski de l'Université de Silésie. Le point de référence de cette conférence sera le thème "liberté, égalité, fraternité", dont Michał Krzykawski cherchera la signification en temps de pandémie du point de vue de la philosophie de Bernard Stiegler.

dr hab. Michał Krzykawski, professeur de l'Université de Silésie

Philosophe, spécialiste de littérature romane, traducteur-interprète, professeur à l'Université de Silésie et polyamoriste scientifique de cette université, où il dirige le Centre d'Etudes Critiques sur les Technologies. Ancien collaborateur du philosophe français Bernard Stiegler, membre du collectif transdisciplinaire de recherche Internation fondé à l'initiative de Stiegler, dont l'objectif est l'élaboration et la mise en œuvre d'un nouveau modèle macroéconomique et technologique sur la base des sciences contemporaines. Auteur de nombreux travaux sur la philosophie française contemporaine, l'économie politique, la technique et la vie animale.

Liberté
Vendredi 18 septembre à 19h00


La peur et l'incertitude face aux risques en temps de pandémie peuvent nous donner une image mythique de la réalité, basée principalement sur les émotions, alimentée par des théories du complot et d'autres explications simples de phénomènes complexes. Nous nous mesurons à la première pandémie de l'histoire dans un monde d'industrie globale de la désinformation. Dans un monde dans lequel les faits disparaissent parmi les demi-vérités, les inventions et les mensonges, la science semble être refoulée au niveau d'une opinion parmi beaucoup d'autres, et où commencent à dominer les mythes, la recherche de boucs émissaires, l'appel aux émotions, aux bas motifs et la recherche de l'adulation des foules. La question qui se pose est la suivante : est-ce que cette destitution du rang de la science deviendra le nouveau quotidien ?

Et si la science l'emporte, quel rôle jouera-t-elle dans la création du futur ? La pandémie a encore accentué les problèmes liés à la liberté de discussion et de la recherche scientifique. Nous faisons face aux défis et aux risques pour la liberté, que pose le courant des big data. Qui contrôle les données, dont l'analyse dépasse les capacités d'analyse du cerveau humain ? Est-ce que les nouvelles "valeurs sures" de la science seront l'incertitude et l'imprécision ? Comment la science va-t-elle s'apprivoiser d'un monde de post-vérité de plus en plus imprévisible ? Avec quels outils peut-on dans ce monde lutter contre les fake news ? Réussira-t-on à défendre la confiance comme le fondement du fonctionnement de la communauté, pas uniquement scientifique, mais celle des êtres libres de manière générale ?

Egalité
Jeudi 1er octobre à 19h00


Le basculement en ligne d'un grand nombre de nos activités quotidiennes a des conséquences complexes. Pendant le confinement pas tout le monde ne pouvait s'isoler tranquillement, en travaillant à distance. Une partie d'entre nous devait aller travailler et risquer un contact avec le virus. L'isolement numérique, comme jamais auparavant, limitait l'accès à l'éducation ou aux soins de santé. 

La discussion sur l'accélération du numérique relate de manière générale ses effets positifs. Des médias ressort surtout l'enthousiasme des obstacles qui ont pu être efficacement surmontés et qui jusque-là bloquaient la mise en place d'outils technologiques en matière de travail à distance, d'éducation ou encore de télémédecine. Il manque cependant une réflexion approfondie sur les conséquences sociales de cette réalité numérique, pour beaucoup complètement nouvelle. On ne réfléchit pas au côté obscur des avancées incertaines, mais bien plus rapides sur la voie de la digitalisation de nouveaux domaines de notre vie. Dans la discussion on aborde rarement les sujets des nouveaux flux de données (dont les données biomédicales, relatives à la santé), qui peuvent servir à élaborer des algorithmes dangereux de profilage, de monitoring, de surveillance ou de manipulation. Sans une étude approfondie de ces questions, est-ce que serait envisageable une telle réorganisation du système technique, qui aurait pour boussole l'attention portée à l'être humain ?

Fraternité
Lundi 5 octobre à 19h00


Dans quelle mesure la réalité numérique des contacts en ligne peut être problématique pour les générations plus âgées ?  Les générations Y et Z, grandissant avec l'accès à internet, voient déjà différemment la vie en ligne, également dans le contexte des relations. En même temps ce sont eux aujourd'hui qui ressentent la plus grande incertitude - attaqués par les post-vérités, manipulés par les algorithmes, désorientés.

Nous allons donc nous poser la question, dans quelles circonstances devrait se créer un dialogue inter-générations, notamment sur les sujets des conditions de vie de plus en plus difficiles, dans lesquelles seront amenées à vivre les prochaines générations. Est-ce que dans ce contexte de la pandémie nous devons nous attendre à un conflit de générations ou une reconstruction des liens entre les générations et un avenir commun ? Est-ce qu'une alliance entre la science et les jeunes en grève pour la protection de l'environnement est possible? Comment communiquer l'incertitude scientifique pour que les jeunes générations incertaines de leur avenir puissent retrouver un authentique point d'appui dans l'argumentaire des chercheurs et chercheuses ?
 

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